Recherches géophysiques en Guinée: la SMB-WAP contribue pour 5 millions de dollars.

Le consortium SMB-WAP (Société Minière de Boké-Winning Africa Port) contribue pour 5 millions de dollars au lever géophysique de la Guinée. L’accord a été signé au ministère des Mines et de la Géologie, lundi 28 novembre 2016, par le ministre Abdoulaye Magassouba et le président du conseil d’administration du consortium, Fadi Wazni, et paraphé par le directeur de la Société guinéenne de patrimoine minier (SOGUIPAMI), Ahmed Kanté, et le directeur général de la SMB, Frédéric Bouzigues.

Le ministre a placé l’accord dans le cadre de la lettre de mission du président de la république qui fait, notamment, appel aux partenaires de l’État pour mener des recherches géophysiques à un cent millième du pays et avoir une connaissance exhaustive du sous-sol guinéen. Il a salué la réponse donnée par le consortium SMB-WAP à l’appel du chef de l’État, le Pr Alpha Condé, mais aussi son évolution dans l’exploitation de la bauxite qui a été aussi rapide que son implantation en Guinée.

Le président Fadi Wazni, pragmatique, a qualifié de juste et équilibré le geste du consortium. Engagée dans l’exploitation de la bauxite guinéenne, avec une perspective illimitée, la SMB-WAP a construit deux ports minéraliers de grande capacité sur le Rio Nunez – à Katougouma et Dapilon, dans la préfecture de Boké – qui doivent être abondamment fournis en minerai pour répondre à une bonne partie des besoins des raffineries d’aluminium chinoises. À ce compte, on doit plutôt parler de partenariat gagnant-gagnant, selon lui.fadi-et-magas-smb-mines

Mais avant tout, la mise au jour du patrimoine minier sur l’ensemble du territoire national est une étape importante pour sa mise en valeur. Elle permettra la mise à jour du cadastre minier et fera voir l’immensité et la variété des ressources minières guinéennes, que l’on sait a priori abondantes.

Le lever géophysique aéroporté à l’échelle un cent millième du pays sera une première dans la sous-région. Il concernera aussi le territoire offshore.

Les recherches géophysiques en Guinée ont débuté dans les années 1980. Leur coût total est estimé à 7,5 millions de dollars.  La contribution financière de 5 millions apportée par le consortium SMB-WAP permettra leur achèvement dans un an et demi. À terme, le pays attirera davantage d’investisseurs dans le secteur minier.

La Guinée est un « scandale géologique », selon l’ancien gouverneur colonial Roland Pré, dans son écrit L’Avenir de la Guinée Française édité en 1951. Malheureusement, au cours de son histoire économique postcoloniale, le pays n’a pas assez pris conscience de son potentiel économique. Sa richesse en ressources naturelles devrait pourtant permettre de stimuler un développement économique fort et durable. Malgré les périodes de croissance observées, le développement économique de la Guinée a été entravé par le bannissement international, le faible niveau de fonds propres et de compétences locales ainsi que par les problèmes de gouvernance propres au régime précédent.

Cependant, depuis l’élection présidentielle de 2010, reconnue pour une fois comme démocratique par la communauté internationale, les perspectives économiques se sont sensiblement améliorées. En particulier, l’extraction de la bauxite – dont la Guinée possède les deux tiers des réserves mondiales prouvées – s’est accrue avec l’implantation de la SMB-WAP à Boké, et notamment à Katougouma, Dabiss et Malapouya, où en 2017 elle aura créé au total 5 000 emplois directs et indirects, dont 95% locaux.

En six décennies d’indépendance, la Guinée n’avait que deux compagnies de bauxite et seulement 7 % de part sur le marché mondial. Dans les prochaines années, avec l’ensemble des compagnies présentes dans le pays, elle pourra s’imposer comme le leader mondial dans l’industrie de la bauxite. Toutes les projections le laissent croire.

Les recherches géophysiques envisagées, dont l’aboutissement est désormais facilité par l’implication financière du consortium SMB-WAP, vont, à coup sûr, accélérer l’émergence de la Guinée sur le marché de la bauxite, tout d’abord, et de bien d’autres minerais ensuite, grâce à la découverte de nouveaux gisements et aux investissements subséquents.

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